IL Y A TANT
Il y a tant d’espoir
Que l’on voudrait croire.
Il y a tant d’amour
Qui éclair le jour.
Il y a tant de pleurs
Qui sèchent les fleurs.
Il y a tant de rêves
Qui un jour s’achèvent.
Il y a tant de chaleur
Qui remplissent nos cœurs.
Il y a tant de miroirs
Qui sont sans histoire.
Il y a tant d’enfance
De soleil qui danse.
Il y a tant de batailles
Pour si peu de médailles.
Il y a dans le ciel
Sans étoiles qui veillent.
Il y a tant à apprendre
D’une main qui tremble.
Il y a tant de parfums
Qui bercent nos chemins.
Il y a tant de doutes
Qui freinent nos routes.
Il y tant de force
Dans le regard d’un gosse.
Il y a tant de mots
Qui percent la peau.
Il y tant de musique
Et d’instant magique.
Il y a tant de regards
D’un amour avare.
Il y tant d’espoir
Auquel on veut croire.
J’ai appris vaincre tant de doute.
J’ai appris à lire les mots flous.
J’ai appris contre et malgré tout.
J’ai appris à y croire jusqu’au bout.
Patrice ADAM
TU LUI RESSEMBLES
La lune se cache derrière les nuages
Et réapparaît de temps en temps,
Comme la nuit cache les vissages
De quelques amours inconvenants.
La nuit installe son mystère,
Autant de joies que de tourment.
Belle quand elle se rempli de lumière,
Si triste quand il y a nuage et vent.
Tu lui ressembles, trait pour trait.
Tu lui ressembles, si souvent.
Te montrer sans tout dévoiler.
Ne pas savoir attire souvent.
Une ombre est faite pour supposer,
Un peu plus loin une présence.
Sans lumière, elle ne peut exister.
Comme moi sans ta présence.
Figer comme l’étoile du berger.
Tracer comme une étoile filante.
De ces mystères, tu es la fée
Mais l’amour n’a jamais de camp.
Patrice ADAM
L’OISEAU DE MA MAISON
J’ai recueilli un oiseau blessé
Dont la vie, faisait que commencer.
Dans mes mains, je sentais qu’il tremblait.
« Ne craint rien, je vais te protéger ».
Doucement il a repris des forces.
A chaque instant, il rêve de dehors.
Dans son nid blanc tout brodé de coton
Il attend le beau temps, l’oiseau de ma maison.
Il se lève un peu et il bat des ailes.
Il siffle joyeux quand il voit le soleil.
Il regarde tous mes mouvements.
Et quand je lui parle, on dirait qu’il comprend.
C’est un matin, à l’aube de l’été
J’ai ouvert le chemin vers sa liberté
Il était hésitant, puis il a avancé
Et en un instant, il s’est envolé.
Dans le ciel il a fait un ballet
Ses deux ailes le refaisaient virevolter.
En me regardant, il entama un chant.
Un merci à sa façon
De l’oiseau de ma maison.
Il me reste encore
Ce sentiment si fort
Qui a flotté
Dans ce matin d’été.
Libre comme l’air,
Le rêve reste à faire.
Les oiseaux sont des cierges
Qui brillent dans la lumière.
Patrice ADAM
LE GITAN
Le gitan vit à part
De nos murs de ciment.
Il a dans sa guitare
L’histoire de ses parents.
Quand il en joue le soir
Et que la tombe doucement,
Le feu éclair le regard
De tous ses enfants.
Sa vie est un voyage
A travers le temps.
C’est aussi l’héritage
De tous ses descendants.
Il vit tous les paysages,
De l’été au printemps.
Il trace le sillage
De sa vie de gitan.
Toutes ces histoires
Qui entourent son camp,
Sont encore celle du renard
Ou celle du loup blanc
Qui reviennent dans les mémoires,
Inlassablement
Et donnent les regards
De nos murs de ciment.
Il repart un matin
Sur la route vers d’autre vent.
Il ne reste plus rien
Qu’un peu de poussière de cendre
Qui dit qu’il y a eu un soir,
Une vie de gitan
Poussé par les regards
De nos murs de ciment.
Chacun choisi sa vie
Mais il y aura tout le temps,
Toutes les petites jalousies
Pour ceux qui vivent autrement.
Et le regard des fenêtres,
Pas celui des enfants,
Lance tant de fléchettes
Que connaît bien le gitan.
REVOIR ELISE
J’aimerai bien revoir Elise
Dans ses yeux, je m’étais noyé.
Pour moi, c’était la banquise.
Elle, le continent opposé.
Elle m’a fait traverser l’océan
Dans son navire de beauté.
Elle a dit aux goélands
De bien vouloir m’amener
Vers l’eau de ses yeux bleutés
Où le calme régnait.
Je me suis laissé porter
Dans ses rêves d’enfant blessé.
Dans ses voyages,
Sur ses nuages
Où l’irréel a existé,
Fait de chimères et de fées.
Elle a fait fondre en moi,
La glace qui me tenait froid.
Elle avait reçu du ciel,
Un morceau de soleil.
Elle en était son plus beau rayon.
Elle a été ma guérison.
Car ce mal qui me rongeait,
Etait de ne plus aimer
Et surtout de ne pas donner
Tout ce que mon cœur contenait.
Vouloir paraître un autre,
Ne jamais être soi.
Je ne sais pas à qui la faute,
Que c’est bon d’être soi.
J’aimerai bien revoir Elise.
Dans ses yeux, je m’étais noyé.
Texte écrit pour l'inauguration de la côte Jacques Anquetil.
Hommage au sport et au cyclisme.
HOMMAGE
En haut d’une montagne
Un homme seul dans l’effort,
Et ce soleil qui l’accompagne
Illumine son corps.
A chaque coup de pédale,
Il puisse dans son courage.
Cette force est en lui
Pour vaincre l’impossible.
Parfois, il lève la tête.
Combien lui reste t-il de mètres ?
Et son corps qui se lève,
Son effort n’a pas de trêve.
Etre encore capable
De garder quelques images
De ces gens qui l’acclament,
Et encouragent son passage.
Puis, le sommet est là.
Les secondes ne s’arrêtent pas.
Alors, comme un funambule
Sur son vélo de plume,
Il défi l’apesanteur et la mort,
Qui le guettent à la moindre erreur.
Mais, sur ce fil de la vie,
Il ne pense qu’a « plus vite »
Et atteindre l’extrême,
Arriver seul dans l’arène.
Il y aura d’autres étapes
Ou il faudra encore se battre.
Mais dans le domaine de l’effort,
Le cycliste n’a pas peur.
Ma plume hier endormie
S’éveille à nouveau à la vie
Sous la caresse irrésistible
D’une main forte et invisible,
Parce qu’un vent qui ne cessait
De faire plier mes mots blessés
Avait couché mais pas cassé
Les roseaux de ma pensée.
Ces mots qui avaient disparus
De cette plume qui ne volait plus,
Retrouvent un peu des grands espaces
Le temps de quelques phrases.
Ma plume hier endormie
S’éveille à nouveau à la vie
Désireuse d’exprimer
Le tourment de mes pensées,
Parce qu’un homme est parvenu
A s’immiscer à mon insu,
Dans les tristes profondeurs
Du labyrinthe de mon cœur,
Protégé depuis des années
Des élans passionnés,
Des sentiments amoureux,
Pour respirer et vivre heureux.
Ma plume hier endormie
Comme une larme déposée
Sur la sécheresse de mes pensées,
Comme une fleur qui vient s’ouvrir,
A la lumière d’un ciel d’été,
Je vais ouvrir mon cœur
Pour écrire pendant des heures.
Vole plume, vole plume blanche
Toi qui écrit des mots d’ange !
Mon âme ressuscitée à tes pieds.
Ma plume hier endormie
LES MOTS
Les mots d’amour,
Sont du velours,
Comme le petit jour
Caressant nos joues.
Des mots cimetières,
Des mots qui tombent par terre
Quand personne les écoutes,
S’installe le doute.
Les mots, aussi,
Sont parfois travestis,
Garçon ou fille,
Rien les différencie.
Les mots se maquillent
Peut-être par diplomatie
Ou pour dire sans dire.
Il faut les traduire.
Les mots d’avant
Savaient prendre le temps,
De s’écrire lentement,
Une plume simplement.
Les mots, maintenant,
S’abrègent trop souvent.
C’est la course du temps
Qui est loin devant.
Les mots à tuer
D’avoir pu exister
Ou même être chuchotés.
Des mots à enfermer.
Les mots d’enfant
Trébuchent bien souvent,
Se transforment de temps en temps,
La poésie est dedans.
Les mots absents
Le poète dort sûrement,
Taisons-nous maintenant.
Ecoutons le temps.
PATRICE ADAM