DERNIER CRI
A toi mon ami
Aujourd’hui je t’écris,
Car dans ma ville
Il se passe des choses terribles.
Les seuls chants d’oiseaux
Sont sur nos photos.
Les pigeons voyageurs
Sont partis avant l’heure.
Dans nos regards
Plane le désespoir.
On n’ose plus penser
Qu’il y aura la paix.
A Sarajevo,
Tout était si beau.
Ils ont tout détruit,
J’entends que des cries.
Tu sais mon ami,
J’ai peur de la vie.
Je ne comprends plus rien
A ces humains.
Personne ne va plus
Se promener dans les rues.
Ils ont même tiré
Sur la place du marché.
Dans les caniveaux
Il ne coule pas que de l’eau.
Dans ce bain de sang,
Je ne sais plus vraiment.
Pourquoi les religions
Deviennent des canons ?
Ils veulent tous prêcher
L’amour est la paix,
Ça ne peut pas marcher
Avec des blindés.
Les dieux nous ont donné
La terre pour s ‘aimer.
Tous les petits enfants
Ne comprennent pas vraiment,
On ne va pas à la cave
Quand il y a de l’orage.
A l’école on nous a donné
L’adresse de français.
Depuis on s’écrit,
Tu es mon ami.
Tu sais ! Ce courrier
Sera le dernier.
Mes yeux sont voilés,
Je commence à trembler.
J’ai reçu une balle
Dans une rafale.
J’y étais pour rien,
Comme beaucoup des miens.
Pourquoi les enfants
Souffrent pour les grands ?
Pour un bout de terre
Que partageait leurs grand-pères.
Tu sais mon ami,
Ne pleure pas quand tu lis,
Car au paradisJe serai mieux qu’ici.
Mais je voudrais juste te demander
Si tu peux prier
Pour mes amis.
Qui eux restent ici.
Et mon dernier cri
Sera à la vie.
Dis leur d’arrêter !
Ils vont tout tuer !
Tous leurs petits enfants
Qui n’auront pas le temps
De devenir grand.
Sur leurs mains, il y a du sang.
Patrice ADAM
L’ENFANCE QUI S’ENVOLE
Une petite fille si jolie,
Une ombre de la nuit,
Pas eu le temps de s’aimer,
Pas eu le temps de s’embrasser.
Sous sa petite tête blonde
A rejeter ce monde
Qui en guise d’aimer
D’argent l’avait gavé.
En lui achetant de l’amour
Comme on achète un jour
Le bonheur dans la rue,
Un soir de cœur perdu.
C’est l’enfance qui s’envole
Comme l’hirondelle vole
Pour aller chercher l’été
Quand l’hiver arrivait.
Mais ce petit oiseau
S’est envolé trop haut
Et les ailes trop gelées
Par le vent si glacé,
Pour elle, a commencé
Une descente à jamais.
Un fait divers
Et une photo.
Je ne pourrai rien faire
Mais j’ai mal sous ma peau.
Cette poudre de neige
A glacé son corps
Et même leurs cierges
Ne réchauffent que leurs remords.
Sur ce cheval blanc
Qui l’emmenait souvent,
Dans des voyages sans nuages
Où l’amour n’a qu’un visage.
Elle a fait de son dernier voyage
Au pays des enfants sages.
Cette poudre qui t’a fait
T’envoler dans l’éternité
Ne te faisait plus rêver.
alors tu as surdosé
A la recherche de l’amour.
Je t’embrasse pour toujours
Patrice ADAM
Ma plume hier endormie
S’éveille à nouveau à la vie
Sous la caresse irrésistible
D’une main forte et invisible,
Parce qu’un vent qui ne cessait
De faire plier mes mots blessés
Avait couché mais pas cassé
Les roseaux de ma pensée.
Ces mots qui avaient disparus
De cette plume qui ne volait plus,
Retrouvent un peu des grands espaces
Le temps de quelques phrases.
Ma plume hier endormie
S’éveille à nouveau à la vie
Désireuse d’exprimer
Le tourment de mes pensées,
Parce qu’un homme est parvenu
A s’immiscer à mon insu,
Dans les tristes profondeurs
Du labyrinthe de mon cœur,
Protégé depuis des années
Des élans passionnés,
Des sentiments amoureux,
Pour respirer et vivre heureux.
Ma plume hier endormie
Comme une larme déposée
Sur la sécheresse de mes pensées,
Comme une fleur qui vient s’ouvrir,
A la lumière d’un ciel d’été,
Je vais ouvrir mon cœur
Pour écrire pendant des heures.
Vole plume, vole plume blanche
Toi qui écrit des mots d’ange !
Mon âme ressuscitée à tes pieds.
Ma plume hier endormie
LES MOTS
Les mots d’amour,
Sont du velours,
Comme le petit jour
Caressant nos joues.
Des mots cimetières,
Des mots qui tombent par terre
Quand personne les écoutes,
S’installe le doute.
Les mots, aussi,
Sont parfois travestis,
Garçon ou fille,
Rien les différencie.
Les mots se maquillent
Peut-être par diplomatie
Ou pour dire sans dire.
Il faut les traduire.
Les mots d’avant
Savaient prendre le temps,
De s’écrire lentement,
Une plume simplement.
Les mots, maintenant,
S’abrègent trop souvent.
C’est la course du temps
Qui est loin devant.
Les mots à tuer
D’avoir pu exister
Ou même être chuchotés.
Des mots à enfermer.
Les mots d’enfant
Trébuchent bien souvent,
Se transforment de temps en temps,
La poésie est dedans.
Les mots absents
Le poète dort sûrement,
Taisons-nous maintenant.
Ecoutons le temps.
PATRICE ADAM
UN SOURIRE LUI SUFFIT
Il a son corps qui ne suit plus sa tête.
Aucune femme ne lui sourit
Ou c’est pour ce moquer de lui.
Tout ça paraît si bête
Mais je l’avoue, moi aussi,
Que la honte m’a surpris.
La vérité qu’on fuit.
La connerie d’avoir ri.
Il voit ces amoureux
Qui s’embrassent près de lui
Et je vois dans ses yeux
Une larme qui s’enfuit.
Il aurait tant aimé
Pouvoir aussi garder,
La saveur d’un baiser,
Ce goût un peu salé.
Mais il est seul
Malgré toutes ces fourmis.
On devient tous aveugles
Quand ce n’est pas notre vie.
Dans cette grande allée,
Je le vois s’éloigner.
En face de lui
Une femme lui sourit.
Je le vois envahi
D’une joie infinie.
A ce moment précis
Je me sens si petit,
Car elle lui a donné
Un sourire sans pitié,
Une chose qu’il attendait.
Je n’ai pas su lui donner.
Il n’est plus seul,
Tout le monde n’est pas aveugle.
Par la simplicité
D’un sourire non forcé.
Mais on ne sait pas toujours,
Comment donner l’amour.
Ne pas l’ignorer,
Ne pas trop regarder.
Mais je suis seul
Et je pense à lui.
Quelle leçon il nous donne,
Un sourire lui suffit.
PATRICE ADAM
JE TE DONNE CES MOTS
Je voudrais passer ma vie près de toi.
Ne jamais te blesser d'un mot maladroit.
Toujours sentir ton souffle caresser mon cou,
Comme se dépose le velours d'un vent du mois d'août.
Prendre de tes lèvres, ce goût de miel
Quand l'amour nous enlève vers un autre ciel.
Garder ce trésor jusqu'au repos de nos corps,
Et même après la mort s’aimer tout aussi fort.
Je veux croire au diamant qui construit le diadème,
D’un royaume de tous temps dont tu es la reine.
Etre ton chevalier te veiller, te protéger.
Etre le fou du roi et être fou de toi.
Je graverai ton nom sur un caillou grisaille.
Je le lancerai à l’horizon, il deviendra une étoile
Et dans des millénaires, on verra de la terre
Briller tout notre amour comme au premier jour.
Je dessinerai une fleur, aux multiples pétales,
Elle caressera ton cœur si jamais tu as mal.
J’y mettrais des couleurs remplies de joies.
Elles sècheront tes pleurs, chasseront ton désarrois.
Je ferai de notre vie un bateau comme l’arche de Noé,
Il traversera les flots que la vie peut nous donner.
On se battra tous les deux contre les vents et marées
Pour voir briller nos yeux, comme un ciel étoilé.
Et même, s’il faut haïr pour s’aimer plus fort,
Même, s’il faut détruire pour vaincre la mort.
Je ferai de ta voix mon unique message,
Je ferai mon chemin de croix des courbes de ton vissage,
Pour de ta vie,
Ma vie.
Je te donne ces mots comme une prière
Et les porter au plus haut de tout l’univers.
Détruire ceux qui derrière voudraient la guerre.
Garder le plus précieux, notre vie tous les deux.
PATRICE ADAM.
Pour que ne se brisent, les mots de toi pour moi.
Pour que ton regard ne se détourne pas.
Parce que la pluie creuse les falaises là bas.
Mon cœur se marque des pluies qui tombent de toi.
Je dépose ces larmes
Comme trace de toi.
Je dépose ces larmes
Comme chemin de croix.
Ces larmes qui s’enflamment
Au parfum de tes pas.
Que l’on me damne !
Si j’oublie cela.
Parce que nos mains se touchent, se frôlent parfois.
Parce que nos regards comprennent sans aucune voix.
Parce que l’amour frappe où l’on ne sait pas
Je te dépose ces larmes que tu ne liras pas.
Je dépose ces larmes
Comme trace de toi !
Je dépose ces larmes
Comme chemin de croix !
Ces larmes qui s’enflamment,
Au parfum de tes pas.
Que l’on me damne !
Si j’oublie cela.
Je prierai toute mon âme
Pour une vie près de toi.
Que tu souffles sur cette flamme !
Qui n’attend plus que toi.
Et qu’un jour nos âmes,
Dansent et ne s’arrêtent pas
Je dépose ces larmes
Comme trace de toi.
Je dépose ces larmes
Que tu ne liras pas.